dimanche 27 octobre 2013

Foire à la bernache de Reugny

Aujourd'hui, et ça faisait de nombreuses années que ça n'était pas arrivé, il a plu le jour de la foire à la bernache. À midi, seuls les exposants les plus courageux (et ceux qui avaient de quoi s'abriter) étaient encore là.
Un des nombreux stands de bernache.
 À 14h, le soleil a fait son apparition.
Puis le ciel s'est de nouveau couvert.
Pour s'abriter, on avait le choix entre la bibliothèque, les caves, ou bien l'église...
 À 16h45, il reste quelques exposants.
À 17h, il ne reste plus que les vignerons.
Pour voir toutes les photos, cliquez ici.

vendredi 25 octobre 2013

Personnalité locale : Jeanne Deshayes

Texte presque intégralement extrait du site Compagnonnage.info.
Jeanne Deshayes est née le 13 avril 1796 au moulin du Grand Villiers à Neuillé-le-Lierre.
Elle épouse en 1819 François Jacob, originaire de Chigné (49) et employé à l’hôtel du Croissant à Tours, où elle-même travaille comme cuisinière depuis 1815. Peu de temps après, les époux s’installent dans une auberge rue de la Serpe, à Tours. Entre juillet et novembre 1820, les Compagnons boulangers de Tours, en litige avec l’aubergiste leur ayant jusqu’alors servi de « Père », demandent à madame Jacob d’être leur nouvelle « Mère ». Elle le restera jusqu’à sa mort, en 1863.
Si être la Mère ou le Père des Compagnons de tel ou tel corps assurait à l’auberge un chiffre d’affaires régulier et certain – les Compagnons s’engageaient par contrat à régler les dettes que pouvaient éventuellement laisser les « brûleurs » –, être la Mère des Compagnons boulangers n’avait alors rien d’une sinécure. C’était risquer en permanence de voir son établissement saccagé par les Compagnons des sociétés adverses, et, en conséquence ou en prévision de tels actes, faire face aux perquisitions de police et autres tracasseries d’une administration soucieuse d’éradiquer ces fauteurs de troubles qu’étaient les Compagnons. La Mère Jacob s’attela cependant à la tâche avec une foi et une ardeur sans faille, malgré dix naissances en 16 ans, et une suite cruelle de deuils : sept de ses enfants décéderont de son vivant, ainsi que son mari, en 1846. Mère des Compagnons, elle le fut au point que, les chérissant réellement comme ses propres enfants, ceux-ci la chérirent véritablement comme leur propre mère. À peine plus d’un mois après ses obsèques, les Compagnons boulangers de Tours lancèrent une souscription sur le tour de France afin de lui élever un monument, qui existe toujours (cimetière de la Salle à Tours) et qui, chaque année, continue de recevoir les témoignages d’affection de ses « enfants » et de tous les Compagnons en général.
Sources : Compagnonnage.info

lundi 21 octobre 2013

Deux récoltes de pommes en 1926

Dans le journal L'Ouest-Eclair, à la date du 26 octobre 1926 : "En raison du climat doux qui règne actuellement en Touraine, on peut voir à Reugny un pommier d'espèce hâtive, dite "Madeleine", qui porte une nouvelle récolte de fruits, la seconde de l'année."

samedi 19 octobre 2013

Naître à Reugny en 1792

L'étude des registres paroissiaux de Reugny nous permet d'en savoir un peu plus sur la vie quotidienne des reugnois, et notamment sur les naissances. Dans ce domaine, on nage dans le pathétique :
Des accouchements dramatiques : Le 8 juillet 1792 est inhumée "une anonime décédée dans le sein de sa mère après avoir esté baptisée sur la partie qui s'est présentée et donnait des signes de vie par le sieur Vaslin chirurgien". Catherine Michau, la mère, décède le même jour en lui donnant naissance...
Lorsque la naissance se passe bien, le nouveau-né n'est pas pour autant sûr de vivre plus longtemps.
Des nourrissons abandonnés dans les bois : "Le 10 juillet 1792, nous prestre soussigné avons baptisé un enfant mâle trouvé hier, naissant, dans les bois du Roucheux paroisse de Montreuil, sur un tablier, par Mathurin Penillault, journalier demeurant paroisse de Neuilly, présence de Gabriel et Estienne Quinebault de la paroisse de Montreuil, suivant la déclaration que nous ont fait lesdits et Mathurin Penillault, en présence de Pierre Jambert maire de cette paroisse, Jean Chesneau officier municipal, Jean Aubin serrurier, et Claude Vesnier charpentier, Jacques Martin de cette paroisse, lequel enfant a esté présenté sur les fonts de baptême par ledit Mathurin Penillault et Marie Quiet, et nommé Mathurin"
Des enfants de la Madeleine inhumés à la chaîne, et dont on oublie même l'existence : Suzanne, enfant de la Madeleine, était placée chez Martin Gasnier, elle y décède le 15 août 1792 âgée de quatre mois.
Le 14 novembre, c'est Marie, autre enfant de la Madeleine placée chez lui et âgée de 7 mois et demi, qui est inhumée. Il est précisé qu'elle était décédée "dans la nuit du deux au trois de ce mois" : que s'est-il passé entre-temps ? Le plus probable est qu'elle ait été oubliée...

vendredi 11 octobre 2013

Reugny : Le vitrail de Saint-Médard

Saint-Médard est le patron de la paroisse. Son vitrail a été posé dans l'église en 1950.
Il naît à Salency (Oise) vers 456, où son père, noble franc, possède un vaste domaine. 
Un jour, son père étant revenu de la campagne avec beaucoup de chevaux, il le chargea de les conduire dans le pré et de les y garder quelque temps. C'est alors qu'il aperçut un homme qui avait perdu son cheval par quelque accident et qui n'avait pas de quoi s'en procurer un autre. Médard décida donc de lui offrir un des chevaux que lui avait confié son père.
Dieu lui fit connaître aussitôt que cette action lui était agréable car, une grosse pluie étant survenue, un aigle vint au-dessus de la tête de Médard et le mit à l'abri de ses ailes.
Évêque de Vermand en 530, dont il transporta le siège épiscopal à Noyon, il fut chargé par Clotaire Ier de l'administration du diocèse de Tournai en 532.
Il aurait déclenché une pluie diluvienne de 40 jours pour punir des jeunes paysans qui préféraient aller danser plutôt qu’aller à la messe, d'où le dicton "s'il pleut à la Saint-Médard, il pleut 40 jours plus tard".
Le soleil sur le côté droit du vitrail rappelle que Saint-Médard est un "saint pluvieux", invoqué contre le mauvais temps.
La tradition lui attribue l'institution de la rosière de Salency. La rosière était une jeune fille vertueuse à laquelle, dans certaines localités, on décernait solennellement une couronne de roses accompagnée d'une récompense (dot, livret de caisse d'épargne). C'est cette couronne de roses qu'il tient dans sa main droite.
Il décède à Tournai vers 560.

mardi 8 octobre 2013

Les intérieurs de Valmer en 1929

Dans l'ouvrage "Les anciens châteaux de France" par J. Vacquier, publié en 1929, trois photographies sont consacrées à l'intérieur de Valmer. Sur la première, qui est une cheminée, les peintures doivent être d'origine, contrairement au reste de la cheminée. Le personnage au centre semble être Henri IV, ce qui permet de dater la cheminée de la fin du XVIe siècle. Elle aurait donc été élevée par un Coustelly. La présence d'un portrait d'Henri IV à Valmer peut paraître évidente, car la famille Coustelly a surement gardé un très mauvais souvenir des Guerres de Religions. En effet, en 1562, une troupe de protestants pilla le château, et brûla les pieds de la fille de Jean Coustelly, alors maire de Tours, pour la contraindre de leur dire où il cachait son or et sa vaisselle d'argent. La famille Coustelly dû donc être très soulagée par les actions d'Henri IV.
 Les deux autres photographies présentent une chambre et un salon. Ils sont tous les deux ornés de décorations datant des 17e et 18e siècles.
Tout ceci disparut lors de l'incendie du château le 20 octobre 1948.

mercredi 2 octobre 2013

Les enfants de la Madeleine

L'hôpital de la Madeleine est fondé en 1499 à Saint-Pierre-des-Corps. À partir de la fin du XVIe siècle il accueille les enfants abandonnés dans la ville ou dans les faubourgs. Il est dirigé par les filles de la Charité de 1741 à 1793.
L'un des premiers décès d'un "enfant de la Madeleine" à Reugny est celui de Radegonde le 4 septembre 1765, "âgée d'environ un mois, décédée chez Estienne Rousseau chez qui elle estoit en nourrice". C'est donc vers cette date que des enfants abandonnés commencent à être placés dans des familles de Reugny. Cependant, c'est à partir des années 1770 qu'ils y sont placés en nombre, et qu'on trouve de 20 à 40 décès chaque année.
"Le 16 octobre 1769, nous prêtre soussigné avons inhumé dans le cimetière le corps de Maurice, âgé de trois semaines, décédé d'hier chez Pierre Penilleau, métayer de la Buissonnière, a qui il avait été donné à nourrir par les dames de l'hopital de la Magdelaine". On retrouve plusieurs fois ce Pierre Penilleau et on peut facilement comprendre l'engouement des reugnois à héberger des enfants de la Madeleine. En effet, il a été demandé en 1761 "l'exemption de la Milice pour les enfants propres des particuliers qui se chargeront d'élever ces enfants trouvés, sa Majesté ayant reconnu qu'un pareil privilège ne pourrait qu'augmenter la population des provinces et favoriser la culture des terres, elle a décidé : qu'un enfant trouvé (mâle) lequel parvenu à l'âge de 16 ans aura toutes les qualités nécessaires pour porter les armes, sera admis à tirer au sort de la Milice, au lieu et place d'un des enfants propres, frère au neveu de tout chef de famille qui l'aura élevé dans sa maison. Que ce chef de famille aura la liberté de dispenser de tirer à la Milice celui de ses enfants propres, frère au neveu, vivant dans sa maison ou à sa charge, qu'il voudra faire représenter par ledit enfant trouvé ; Et que si un chef de famille se charge d'élever dans sa maison plusieurs enfants trouvés, ladite exemption aura lieu pour autant de ses enfants propres, frères ou neveux, qu'il aura d'enfants trouvés à présenter ayant l'âge et les qualités ci-dessous prescrites. [...] Je vous prie de prendre connaissance des particuliers et chefs de famille qui dans l'étendue de votre Généralité se chargeront de la conservation et de l'éducation de ces enfants, afin qu'ils puissent jouir dans l'occasion de l'avantage que sa Majesté veut bien leur accorder en cette considération"
Un état de l'administration et des dépenses de l'hôpital de la Madeleine en 1754 nous permet de mieux connaître son organisation : "Un tour dans le mur dudit hôpital à côté de la porte d'entrée, qui est ouvert jour et nuit du côté de la rue, dans lequel les personnes chargées d'enfants à exposer les viennent déposer. 

Il y a une sonnette pour avertir une sœur qui couche dans une chambre basse tenant audit tour, qui dans l'instant les retire du tour, les visite, et les met aux mains des nourrices qui demeurent dans ladite maison [...] Monseigneur l'intendant et les administrateurs crurent que c'était le meilleur moyen, soit pour leur procurer le prompt secours dont ils ont besoin, soit pour les empêcher de périr, et cacher en même temps la honte des familles qui devenait en quelque façon publique par les procès verbaux que les commissaires étaient obligés de faire...
Deux nourrices résident dans ledit hôpital, qui journellement allaitent chacune un enfant et en outre ceux qu'on trouve dans le tour jusqu'à ce qu'on ait averti des nourrices de la campagne et qu'elles soient arrivées audit hôpital...
Comme tous les enfants exposés sont destinés au travail, le bureau a décidé que pour leur forger un tempérament fort et robuste, ils tetteraient un an, et qu'il serait payé aux nourrices chaque mois, cent sols, ce qui fait soixante livres par an...
À l'âge de cinq ans on le retire de nourrice, et on le fait venir à l'hôpital de la Madeleine, où on l'habille conformément aux autres et on le garde jusqu'à l'âge de sept ans qu'on le remet à l'hôpital de la charité qui est obligé de les recevoir...
La supérieure a soin de faire faire tous les linges utiles aux enfants, et qui entrent dans les différents trousseaux, elle inscrit sur le sommier chaque enfant qui est trouvé dans le tour, lui donne un numéro, numérote aussi la note que l'enfant peut avoir avec lui, paye les nourrices tous les trois mois et en retient registre, va en campagne avec une autre sœur et le valet trois à quatre fois l'année, et plus souvent quand le cas le requiert, visite les enfants en nourrice et en sevrage, les change de nourrice quand elle s'aperçoit qu'ils n'y sont pas biens."
Curieusement, si Reugny compte de nombreux décès d'enfants de la Madeleine, ce n'est pas le cas de Neuillé. En effet, pour l'année 1785 on ne dénombre "que" trois décès : "Le 18 de may susdit an par nous soussigné a été inhumé le corps d'un enfant de l'hôpital des enfants trouvés de la magdeleine de Tours nommé Philippe confié à la femme de Claude Moulin le 6 du courrant et décédé d'avant hier âgé d'environ 12 jours". Deux jours plus tard, c'est chez la même nourrice qu'un autre enfant trouve la mort : "Monique, donnée à nourrir à la femme de Claude Moulin le 6 du courrant et décédée de ce jour environ minuit âgée d'environ 14 jours". Ils y avaient été mis le même jour, et semblaient avoir le même âge. Le 10 juillet, nouveau décès chez la même nourrice d'un enfant de 18 mois. Non pas que cette nourrice soit plus mauvaise qu'une autre, c'est simplement que l'espérance de vie des enfants trouvés (mais aussi des enfants "normaux") était très faible, ça doit être pourquoi plusieurs enfants avaient été confiés le même jour : ils savaient que tous ne survivraient pas !
On peut cependant noter certains cas. Par exemple Martin Gasnier : Suzanne, enfant de la Madeleine, était placée chez lui, elle y décède le 15 août 1792 âgée de quatre mois.
Le 14 novembre, c'est Marie, autre enfant de la Madeleine âgé de 7 mois et demi, qui est inhumée. Il est précisé qu'elle était décédée "dans la nuit du deux au trois de ce mois" : que s'est-il passé entre-temps ? Le plus probable est qu'elle ait été oubliée...
À Reugny, l'année 1785 est l'une des années les plus terrible car on compte 65 décès d'enfants "de la Madeleine" sur les 107 décès du village (dont près de la moitié entre juin et août).
Le 14 janvier : Thérèse, 8 jours, "N°7988"
Le 17 janvier : Etienne, 6 jours
Le 20 janvier : Suzanne, 10 mois
Le 21 janvier : Angélique, 1 mois
Le 20 janvier : Jean-Baptiste, 6 ans
Le 13 février : Julienne, 15 ans
Le 17 février : Etienne, 15 jours, "N°8013"
Le 20 février : Blaise, 20 jours, "N°8015"
Le 27 février : Dorothée, 20 jours, "N°8018"
Le 11 mars : André, 1 mois et demi, "N°7961"
Le 15 mars : Mathieu, 6 mois, "N°7902"
Le 17 mars : Geneviève, 7 jours, "N°8057"
Le 17 mars : Rose, 20 jours, "N°8050"
Le 24 mars : Éléonore, 10 mois
Le 29 mars : Saturnin, 4 mois, "N°7963"
Le 7 avril : Marie, 4 ans et 9 mois, "N°7835"
Le 30 avril : Gertrude, 1 an
Le 2 mai : Marguerite, 14 mois
Le 8 mai : Victoire, 14 mois
Le 7 mai : Thècle, 7 mois
Le 26 mai : Isidore, 6 mois
Le 22 juin : Silvine, 10 jours
Le 22 juin : Cyr, 8 jours, "N°8200"
Le 23 juin : Barnabé, 12 jours
Le 15 juin : Michel, 2 mois
Le 25 juin : Charlotte, 3 mois
Le 28 juin : Paulin, 8 jours, "N°8202"
Le 28 juin : Patrice, 15 jours, "N°8193"
Le 30 juin : Simon, 8 jours
Le 30 juin : Agathe, 8 jours
Le 30 juin : Barthélemy, 8 jours
Le 6 juillet : Hilarion, 3 mois
Le 14 juillet : Augustin, 1 an
Le 21 juillet : Bonaventure, 5 jours
Le 22 juillet : Antoine, 6 jours
Le 26 juillet : Thibault, 12 jours
Le 27 juillet : Rosalie, 1 mois
Le 30 juillet : Sophie, 12 jours
Le 30 juillet : Antoinette, 5 jours
Le 1er août : Mélanie, 6 semaines
Le 4 août : Jeanne, 4 mois
Le 5 août : Boniface, 6 semaines
Le 9 août : François, 7 semaines
Le 9 août : Madeleine, 4 mois
Le 12 août : Véronique, 2 mois
Le 12 août : Reine, 4 mois
Le 13 août : Lidoire, 6 mois
Le 13 août : Victoire, 2 mois
Le 18 août : Léon, 4 mois
Le 21 août : Éléonore, 15 jours
Le 30 août : Séverin, 3 mois
Le 1er septembre : Gervais, 20 jours
Le 3 septembre : Théodore, 7 mois
Le 8 septembre : Elizabeth, 3 semaines
Le 13 septembre : Charlotte, 4 mois
Le 20 septembre : Nicolas Joseph, 1 an et demi
À la fin du registre, on peut lire "le 20 septembre a été inhumé un enfant de la Madeleine, décédé chez le nommé Dieulet qui n'avait point de boucle et dont on ne pu avoir le nom ni l'âge quoiqu'on l'ait fait demander à l'hopital. On a depuis reçu la note de l'hopital et rempli le registre." Autrement dit certaines nourrices ne connaissaient même pas le nom des enfants qu'elles gardaient...
Le 28 septembre : Nicolas, 2 ans
Le 30 novembre : Rose, 4 mois, "N°8261"
Le 13 décembre : Robert, 8 mois
Le 19 décembre : Louise, 1 an, "N°7936"
Le 21 décembre : Agnès, 6 ans
Le 23 décembre : Marguerite, 8 mois
Le 24 décembre : Gertrude, 1 an
Le 28 décembre : Justine, 2 ans
Le 14 fructidor an X (1er septembre 1802), l’Hôpital général de La Charité, l’Hôpital de La Madeleine et l’Hôtel-Dieu fusionnent en un organisme unique. En 1825, la mairie de Tours achète le bâtiment, il est ensuite détruit lors de la construction de la gare du canal de jonction du Cher à la Loire. Les enfants abandonnés sont alors placés dans l'hôpital du docteur Bretonneau nouvellement construit.

Sources : 
Archives départementales d'Indre et Loire : Registres paroissiaux - C317 - C318.

dimanche 29 septembre 2013

Théâtre de rue : Le Chef d'oeuvre de Martin de Vos

Pour les 30 ans du Socio, la compagnie Colbok a organisé une déambulation théâtrale dans les rues de Reugny. De grands moments de rigolade, de cascades en escalades, à découvrir ici.

samedi 28 septembre 2013

L'orage de grêle du 1er juillet 1930

Dans le journal Le Petit Parisien du 3 juillet 1930 on peut lire : "Un orage d'une rare violence a dévasté hier après-midi le vignoble de Vouvray. À 15 heures, les paysans aperçurent un nuage jaune bien caractéristique qui se transforma en une chute abondante de grêlons de la grosseurs d'une noix. Le vent se leva, arracha les toitures des maisons, déracina les arbres et abattit les poteaux télégraphiques. C'est par suite de cette circonstance que cette catastrophe ne fut connue à Tours qu'aujourd'hui.
Les vignes sont hachées sur 2.000 hectares de Vouvray à Noizay, en passant par Vernou, et sur une profondeur de plusieurs kilomètres s'étendant de Montlouis à Chançay. Outre les vignes, toutes les récoltes sont hachées. 
Les ceps sont complètement dépouillés de leurs feuilles et des grappes qui laissaient prévoir une récolte abondante. Les "souches" sont elles-mêmes atteintes et l'ont craint que l'année prochaine la récolte soit encore compromise.
Dès qu'il connut la nouvelle, le préfet d'Indre-et-Loire s'est rendu sur les lieux en compagnie des maires de Vouvray et de Vernou. Des premières estimations, les dégâts atteignent plus de 10 millions. Des démarches vont être tentées par MM. Proust et René Besnard pour obtenir des secours d'urgence."
De 1930 à 2013, comme le prouvent les photos, il n'y a qu'un pas ! Si on compare ces deux catastrophes, on remarque que l'orage de 1930 a été plus important, avec 2.000 hectares de vignes touchées contre 1.500 en 2013. On peut aussi noter que l'année 1930 est classée "millésime médiocre"...

vendredi 27 septembre 2013

Reugny : Le Château Royal

En 1101, Reugny appartenait à un chevalier nommé Vital.
En 1104, Reugny est nommée Ruiniacum dans une charte de Marmoutier.
En 1209, Reugny est nommé Ruini dans une charte de Thibault.
En 1234, Guillaume de Brenne, chevalier, seigneur de Rochecorbon commit des dégats en préjudice des moines de Saint-Julien.
En 1235, Reugny appartenait à Geoffroy de Brenne, seigneur de Rochecorbon, époux de Jeanne.
En 1261, Reugny appartenait à Hervé de Mézières, Vierzon et Rochecorbon, second mari de Jeanne.
En 1270, Décès d'Hervé.
En 1275, Thibault de Mathefelon ("D'or, à six écussons de gueules, 3, 2, 1") (3ème mari...) signe un accord avec l'archevêque de Tours.
En 1345, Guillaume Larchevêque et Jeanne (fille de Mathefelon et Jeanne) se marient.
En juin 1369 Reugny est enlevé à Guillaume et remis à G. Gouffier.
En novembre 1369, les terres sont remises au comte d'Harcourt ("De gueules, à deux fasces d'or"), puis restituées à G. Larchevêque.
En 1390, Guillaume de Harcourt et Jeanne, fille de Larchevêque, se marient.
Larchevêque meurt en 1407.

En 1425 : "Les élus reçurent les ordres du Roy par le bailly de Touraine pour obliger les habitans de Touraine de nourir les capitaines écossois auxquels le Roy devoit fournir les chausses, souliers, robes et trousses ; on s'assembla, et il fut délibéré qu'on répartirait ces capitaines dans les villes, et châteaux du pays et aux environs de la ville; on en envoya à Chinon, à Loches, à Montrichard, Rochecorbon, Maillé (Luynes), Montbazon, Châteauregnault, Reugny et autres endroits ; les élus ordonnèrent que les habitants de ces villes et châteaux leur fourniroient les vivres suivant les ordres du Roy, ainsi que les logemens."

Au début de l'année 1428, Charles VII fait faire une liste des châteaux à détruire pour qu'ils ne soient pas investis par les anglais. Pour Reugny, il convenait d'attendre que les commissaires se fassent une opinion plus approfondie de son état. Il est signalé que "au pays d'entre Loire et le Loir, il n'a comme nul gens demeurans".

Un pan de mur de 4 mètres de long à la sortie nord-ouest du bourg est le dernier vestige du Château Royal de Reugny.

Au milieu du XVe siècle, Mathieu d'Harcourt, écuyer de Charles VII, fils bâtard de Jacques d'Harcourt, est seigneur de Reugny. Jeanne, femme de Guillaume d'Harcourt, décède en 1460.
En février 1470, Louis XI vient à Reugny (qu'il écrit "Rongny"). Sept ans plus tard, le dernier jour de février 1477, Louis XI échange la châtellenie de Reugny, appartenant à Guillaume d'Harcourt, comte de Tancarville, contre celle de Gaillefontaine (Seine-Maritime). Selon le choix des commissaires, Louis XI a acheté soit un château neuf reconstruit après sa démolition, soit un donjon médiéval. La deuxième solution est la plus probable car il est signalé dans la description du château à la Révolution qu'il se compose d'une ruine de 5 étages de hauteur.
En mai 1478, Louis XI donne le château et la châtellenie à Jacques d'Espinay, seigneur de Segré.
Louis XI vient à Reugny le 11 janvier 1480 et séjourne au château.
En 1484, Charles VIII confirme l'échange de la châtellenie de Reugny avec Guillaume d'Harcourt (Arch. nat., JJ 215).

Sources :
Gilles-André de la Roque de la Lontière, Histoire généalogique de la maison de Harcourt, volume IV, Chez Sébastien Cramoisy, Paris, 1662, p. 1731.
Eusèbe de Laurière, Ordonnances des rois de France de la troisième race, XVIIIe volume, Imprimerie Royale, Paris, 1828, p. 403.
Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Armorial général de la Touraine, Tomes XVIII et XIX, publié par la Société Archéologique de Touraine, Tours, 1866-1867.
Auguste Beaucousin, Registre des fiefs et arrière-fiefs du baillage de Caux en 1503, Lestringant, Rouen, 1891, p. 24.
Joseph Vaesen, Lettres de Louis XI, roi de France, Renouard, Paris (Tome VIII, 1903, p. 112 - Tome XI, 1911, p. 93).
René Planchenault, "La conquête du Maine par les Anglais, La lutte de partisans (1427-1429)", Revue historique et archéologique du Maine, Tome XVIII, Le Mans, 1938, p. 50.

jeudi 26 septembre 2013

Neuillé : Combattre la vie chère en 1933

Dans le journal Le Matin, à la date du 19 mai 1933 : "Afin de combattre la vie chère dans sa commune, M. Louis Proust, député-maire de Neuillé le Lierre, président général du Comité républicain, a réuni, hier, les commerçants, producteurs et consommateurs et est arrivé à une entente entre tous.
Les boulangers ont consenti aux producteurs de blé la faculté d'échanger leur blé pour du pain et à tous une diminution de 0 fr. 10 par kilo de pain.
Les bouchers ont consenti un abaissement de leurs prix allant de 0 fr. 50 à 2 fr. par kilo, suivant les morceaux.
Les laitiers ont accepté la diminution du prix de vente du lait au détail qu'avait demandée M. Proust."
Photo prise à Neuillé (Archives départementales d'Indre et Loire)

mercredi 25 septembre 2013

Accident mortel entre un train et une voiture à Chançay

Le 27 décembre 1934, "un train de marchandises venant de Châteaurenault a tamponné au passage à niveau de Chançay une auto conduite par M. Emile Grobois, 35 ans, boulanger. L'auto a été traînée sur une grande distance et on a retiré des débris le conducteur mortellement blessé."
Sources : L'ouest-Eclair (28/12/1934).

vendredi 20 septembre 2013

Louis XI et Reugny

Louis XI, roi de France de 1461 à 1483, est venu au moins deux fois à Reugny.
Il vient sans doute pour la première fois en février 1470. Sept ans plus tard, le dernier jour de février 1477, Louis XI échange la châtellenie de Reugny, appartenant à Guillaume d'Harcourt, comte de Tancarville, contre celle de Gaillefontaine (Seine-Maritime). Le château Royal était à cette époque une vieille forteresse médiévale.
En mai 1478, il donne le château au seigneur de Segré Jacques d'Espinay.
Louis XI est venu une nouvelle fois le 11 janvier 1480. Il a suivi la Brenne (qui s'appelait à cette époque la Bransle) du Plessis-lès-Tours
à Château-Renault
pour se rendre compte de sa navigabilité en vue du transport des blés et du bois, Tours étant alors en pleine expansion.
Le roi a ainsi couché au Château Royal qui appartenait au sire de Segré.
Hélas pour lui, la Bransle n'est pas navigable ! Un projet est alors lancé pour qu'elle le devienne, mais il ne sera pas exécuté.
Après le décès de son père en 1483, Charles VIII reprend la châtellenie de Reugny.

Sources :
Eusèbe de Laurière, Ordonnances des rois de France de la troisième race, XVIIIe volume, Paris, Imprimerie Royale, 1828, p. 403. 
Auguste Beaucousin, Registre des fiefs et arrière-fiefs du baillage de Caux en 1503, Rouen, Lestringant, 1891, p. 24. 
Joseph Vaesen, Lettres de Louis XI, roi de France, Paris, Renouard (Tome VIII, 1903, p. 112 - Tome XI, 1911, p. 93).

mercredi 18 septembre 2013

Qu'avez-vous loupé cet été ?

Les attaques de la bête du Val de Loire, qui firent entre 147 et 200 victimes dans la région.
Le récapitulatif des dégâts, trois semaines après la tempête.
La ferme de la Bergerie, reconstruite au XIXe siècle.
Un autre orage de grêle, mais qui eut lieu en 1737.
Les (folles) aventures du curé Lhéritier (1697-1720).
Les catastrophes climatiques sous le curé Lhéritier.
La maladie du curé Lhéritier.
Les vestiges médiévaux du château de Valmer.
L'apogée du château de Valmer.
Le château de Valmer depuis la Révolution, restaurations et incendie.
Le château de la Côte illuminé.
Il y a tout juste 300 ans, une fête au château de la Vallière était gâchée...
La rue de la Grange des Dîmes, dans laquelle, vous l'aurez deviné, il n'y a pas de grange des dîmes !
La ligne de chemin de fer Tours-Sargé a été mise à jour (fin de l'article pour ceux qui n'ont pas le courage de tout relire).
Reugny by night.
L'ex moulin de pierre.
La procession de la fête Dieu vs les anticléricaux.
Et pour finir, château à vendre !

lundi 9 septembre 2013

Chançay : "Belle et bonne terre à vendre", Valmer en 1736

"Belle et bonne terre située en Touraine, à trois lieues de Tours, deux d'Amboise, trois de Chasteau-Renault, et à trois quarts de lieues de la rivière de Loire, à vendre. La Seigneurie de Valmer [...] forme une terre considérable dans un des meilleurs et plus fertiles cantons de la Touraine, paroisse de Vernou, près le bourg de Chançay, sur la rivière de Branne.
Le Château, presque au milieu de ses domaines, est situé très avantageusement sur le penchant d'une coline, qui se termine pas de belles issues et des ouvrages de décoration. C'est un vaste bâtiment double, d'une riche élévation, dont les appartements sont beaux et bien distribués, les vaisseaux commodes, bien percés et ornés de menuiseries très propres. Son parc et sa futaye, ses magnifiques terrasses et jardins, sa pièce d'eau, ses avenues, la rivière qui passe au pied, en font une Maison extrêmement agréable ; enfin sa vue sur une prairie et varenne d'une lieue de long sur demi lieue de large, entourées de côtes très élevées et chargées de vignobles, lui donne un avantage peu commun.
L'entrée principale est par une avenue en face du château à quatre rangs de marronniers d'Inde et francs qui sépare en deux portions presque égales une grande pièce de terre labourable dépendante du château ; au bout de cette avenue qui se termine en forme de fer à cheval est un grand portail par lequel on entre dans une cour en pente douce ornée d'ifs et de houx.
À la droite de cette cour en entrant sont trois corps de bâtiments en pavillons, couverts d'ardoises ; deux servant d'écuries et chambre pour les cochers et palefreniers, l'autre dans lequel sont trois grands pressoirs à roues et bosseaux, et quatre grandes cuves. Dans ces trois pavillons, sont de beaux greniers.
Une cour derrière le troisième pavillon, dans laquelle sont une chambre, une laiterie voûtée et pavée, une cave en roc, une étable et les remises à carrosses et chariots.
Au midi et à côté de la cour et pavillon ci-dessus, est une basse cour renfermée, dans laquelle sont un bâtiment très logeable, servant de tourne-bride, deux grandes écuries, grenier dessus, chenil à chiens courants, une chambre à côté, une grande grange servant à resserrer les dîmes et terrages, toits à porcs, remises à charrettes, une grande et magnifique fuye garnie de pigeons, 
deux grandes caves en roc, une brûlerie avec son puits et ses deux chaudières montées ; derrière et à côté de ladite cour un grand verger.
De la cour d'entrée premièrement désignée, on passe à celle du château et qui est également en pente douce, mais beaucoup plus élevée, faisant forme de terrasse, ornée d'ifs et de houx ; entre ces deux cours est une douve ou fossé sec, sur lequel est un pont de bois très propre et bien bâti, soutenu par plusieurs piliers de pierre dure, 
à l'entrée de cette cour joignant le pont sont deux pilastres soutenant une porte de fer à deux battants très bien façonnés.
Dans cette cour devant et joignant le château, une petite terrasse en forme de fer à cheval, 
sur laquelle est un très beau perron et un portail très propre, faisant entrée à la grande salle, 
distribuée à deux appartements complets sur le devant, et sur le derrière, par deux portes vitrées, d'un côté à un grand salon boisé en plein très propre, dépense et office ; de l'autre à un vestibule dans lequel est un large et magnifique degré, qui perce et communique jusqu'au haut du bâtiment, ensuite une grande cuisine, décharge de cuisine, et chambre pour les cuisiniers. 
Au second étage, une antichambre qui distribue à trois appartements complets sur le devant, et à trois sur le derrière, un degré dérobé pour le service desdits appartements, un pont-levis de communication dudit second étage à l'une des terrasses ci-après.
Au troisième étage, plusieurs chambres à cheminées et cabinets en mansardes très propres, comble dessus couvert d'ardoises, gouttières et tuyaux de plomb descendant jusqu'en bas ; toutes les croisées des premiers et seconds étages sont fermées par des portes vitrées en toute leur étendue et garnies de balcons très propres.
Une grande cour sur le derrière du château, dans laquelle sont une très belle étuve garnie, une boulangerie à trois fours, bûchers, aisances, plusieurs caves en roc, dont une perçant de ladite cour dans la parc, dans laquelle est une autre grande cave de traverse.
Sur la cour de devant, et à côté du château, à une distance suffisante, est un beau pavillon couvert d'ardoises, servant de commun, commode et bien distribué.
Une belle et grande chapelle, joignant ledit pavillon, boisée, plafonnée, peinte en fresque, par tableaux, figures et pilastres, crédences, sacristie boisée et parquetée, dans laquelle sont les armoires où on resserre plusieurs beaux ornements de valeur de plus de quinze cent livres, dont on donnera le détail particulier.
À côté du château est une terrasse, de laquelle par un pont-levis on entre dans le second étage, les murs sont très forts et revêtus de briques en créneaux, une statue au milieu représentant Caïn ; ladite terrasse fermant d'un côté la cour du château.
Une autre terrasse élevée sur celle ci-dessus, aux deux coins de laquelle sont deux beaux pavillons couverts d'ardoises, ouverts dans les quatre faces par de belles croisées et portes vitrées, lesquelles terrasses et cabinets dominent sur les côtés qui bordent la plaine, et forment une vue très étendue et très agréable.
De l'autre côté du château, la cour qui forme une terrasse est fermée par un mur d'appui, au milieu est une porte de fer à deux battants, façonnée, soutenue par deux piliers ; 
un magnifique perron à deux rampes, en fer à cheval, de dix-huit marches de pierre dure, 
par lequel on descend dans une belle terrasse où est un magnifique parterre planté par compartiments en buis, ifs et arbrisseaux ; au milieu est une statue de marbre blanc, représentant les amours de Jupiter et de Leda ; 
à l'un des bouts est un bosquet en charmille.
Vis-à-vis le perron ci-dessus, est un pareil perron de vingt-cinq marches de pierre dure, par lequel on descend dans le jardin potager, renfermé de bons murs, distribué en plusieurs carrés, 
au milieu une statue de marbre blanc ; aux deux extrémités, deux tours couvertes d'ardoises servant de logements pour les jardiniers.
Aux deux côtés des parterre et jardin, deux grands vergers aussi renfermés de bons murs, 
dans l'un desquels est la glacière ; vis-à-vis lesdits perrons est une belle et large grille et porte de fer à deux battants avec un beau perron de la largeur de la grille, descendant dans le chemin de Vernou.
Lesdites terrasses, parterre et jardin garnis en suffisante quantité de bancs peints et très propres.
Vis-à-vis la porte dudit potager, le chemin entre-deux, est une autre porte de fer à deux battants avec ses deux piliers, qui conduit par une allée d'ormeaux à quatre rangs à un canal et pièce d'eau vive perpétuellement plein ras bord ; deux canaux aux deux bouts communiquant à la rivière, l'un servant à l'entretenir toujours plein et l'autre à le décharger, ledit canal entouré d'une allée d'ormeaux [...].
De la cour du château, on entre dans le parc, contenant cent-vingt arpents renfermés de bons murs, dans lequel à l'extrémité et sur la hauteur, sont dix arpents de vignes en une pièce, partie en plan noble, partie en pineaux, 
le surplus en bois, la plus grande partie futaye, coupés et percés de grandes et belles allées qui forment plusieurs étoiles, pattes d'oies et labyrinthes, garnis de bancs propres et peints, plusieurs cabinets couverts d'ardoises, perspectives et statues.
Vingt-cinq arpents de vignes, compris les dix arpents qui sont dans le parc ; 
le tout à proximité, en grandes pièces très bien situées et des meilleures du pays, produisant d'excellent vin et des plus recherchés ; lesdites vignes façonnées par huit closiers qui sont logés dans des maisons dépendantes du château..."
Sources : Archives départementales d'Indre et Loire (12J15).