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samedi 16 avril 2016

Appel à témoins : "Les roms à Reugny en 1957-1958"

Mme Mireille Leterrier, nièce de Claude et Simone Faucheux, m'a contacté pour avoir des renseignements sur un passage de roms à Reugny pendant l'été 1957 ou 1958 :

"Cet été-là, la mairie de Reugny avait accepté d'accueillir près de la rivière un camp de romanichels. Ils s'apprêtaient à quitter la France pour les US où une association (évangéliste je crois) leur procurait voitures motorisées, mais avec aussi interdiction de continuer leur ancienne vie nomade. Je suis en train d'écrire sur cette époque, et notamment sur ce séjour à Reugny.


Mon frère François à l'époque avait quinze ans. On ne l'a guère vu cet été là, il passait ses journées avec ses amis roms. Ceux-ci étaient vanniers, ils tissaient des paniers, leurs roulottes étaient tirées par des chevaux. Ils marchaient pieds nus, et je me souviens de l'épaisseur de la corne sous leurs pieds - qui leur faisait comme une semelle.
Ma mère a donné beaucoup de vêtements aux femmes, qui du reste, ne la lâchaient pas! l'une un jour, tirait sur sa chemise de nuit et la  lui réclamait - elle devait accoucher,et la voulait pour aller à l’hôpital . Ma tante Faucheux, infirmière à Château Renault, a dit à ma mère de ne pas céder ! (L'hôpital ne laisse pas les patients sans vêtements de séjour).
De guerre lasse, ce jour-là, ma mère leur avait donné ma poupée. 
Le dernier soir avant notre retour vers Paris, les roms nous ont invités à leur camp, comme si nous étions des leurs, mon frère est arrivée avec la bande, je me souviens d'un cheval blanc monté à cru, crinière au vent... comme dans le livre de Dothel. Un feu de camp, et dans la roulotte, j'ai aperçu ma poupée pendue par les cheveux, sans vêtements. J'avais trois ou quatre ans, mes souvenirs restent vifs mais ils ne sont que des flashs dispersés."

Si jamais vous pouvez apporter de nouvelles informations à Mme Leterrier, n'hésitez pas à me contacter pour que je vous mette en contact !

mardi 19 janvier 2016

La Seconde Guerre Mondiale à Reugny et Neuillé

Le 16 juin 1940, à Reugny, "des avions ennemis ont jeté 4 bombes dont une a démoli partiellement le mur du cimetière". Le même jour il est signalé que les avions allemands bombardent le haut de la rue Nationale à Tours.

Suite aux bombardements de tous les ponts sur la Loire le 18 juin, la ligne Tours-Sargé est ainsi coupée. Le jour même, le conseil municipal "décide la réquisition de marchandises en gare de Reugny, pour le ravitaillement de la population civile, et sur le point d'être pillée par certains éléments. Mr. le Président expose que la répartition sera faite parmi la population civile."

Une croix est élevée en 1940 sur la route d'Amboise. Il y est gravé "DEO GRATIAS" (= "Rendons grâce à Dieu"). D'après certains témoignages, elle aurait été élevée par une fervente pétainiste du village.

À Reugny, en février 1941, la Place de Verdun est renommée "Place du Maréchal Pétain".
À Neuillé, le 26 décembre 1941, "suivant le désir exprimé par Le Maréchal, il y a lieu de réunir les enfants autour d'un arbre de Noël". Des jouets et une collation leur seront offerts. Ces faits prouvent la popularité de Pétain au début de la guerre.

Les Archives départementales d'Indre-et-Loire (côte 10W65/012) conservent un tract trouvé à Reugny le 8 janvier 1942 vers 6h. La première partie du tract affirme la progression des forces aériennes britanniques. En 1941, les Anglais ont autant d’avions que les Allemands. En 1942, ils pensent les surpasser. « En 1942, nous serons parvenus à la supériorité sur la Luftwaffe de Goering. » La seconde partie du tract s’oppose à la propagande de Vichy qui présentait les Anglais comme des traîtres en assurant les français de l’amitié du peuple britannique. Les Français doivent compter sur les Anglais. « Comptez sur nous comme nous comptons sur vous. »

Les parents de Mme Roger étaient gardes-barrière dans le bourg de Reugny. Elle raconte qu'il passait jusqu'à vingt trains allemands par jour, transportant troupes et matériel. Ils exigeaient une permanence 24h sur 24 et ne supportaient pas d'attendre.
Un jour, un train contenant de la nourriture s'était arrêté en gare de Reugny, et le frère de Mme Roger tenta de dérober quelque chose à manger dans l'un des wagons. Il fut surpris par un soldat allemand qui lui mis un revolver sur la tempe. C'est l'intervention de M. Schot, parlant couramment allemand, qui permis de sauver son frère.
Un autre jour, en été, un train de blessés s'arrêta à Reugny, et les allemands exigèrent que son frère pompe de l'eau pendant des heures, et la distribue aux blessés.
Mme Roger raconte également que les allemands venaient régulièrement cuisiner et manger dans la maisons de ses parents, et qu'ils faisaient sortir tout le monde jusqu'à leur départ. Un jour, un soldat l'a prise sur ses genoux, ce qui effraya sa mère, mais ce n'était qu'un geste de sympathie.

Mme Ferrand raconte que ses parents tenaient le café des sports, devenu ensuite la Crémaillère. Des officiers allemands réquisitionnaient fréquemment des chambres par l’intermédiaire de M. Schot qui les réglaient ensuite.

Le 5 août 1944, le P38 Lightning du Major Lawrence Herrick explose dans les airs après avoir mitraillé un train vers la gare de Crotelles. Ce fait est entièrement relaté dans l'article : Le crash du Major Herrick et ses conséquences sur Reugny.
Sources : Mairie de Reugny et de Neuillé (registres de délibérations), témoignages.

lundi 5 octobre 2015

La Marquise de Rougé et ses fils, par Vigée Le Brun : La propriétaire de la Vallière à Washington ?

La semaine dernière, alors que je visitais l'exposition consacrée au peintre Elisabeth Louise Vigée Le Brun au Grand Palais, mon regard a instinctivement butté sur le cartel d'un tableau qui représentait une ancienne propriétaire du château de la Vallière : la Marquise de Rougé.
Ce tableau a été peint en 1787, il est conservé à la National Gallery of Art de Washington D.C. et représente la marquise de Pezay, née Caroline de Murat, et la marquise de Rougé, née Victurnienne Delphine Nathalie de Rochecouart, accompagnée de ses fils Alexis Bonabes Louis Victurnien et Adrien Gabriel Victurnien. La marquise de Rougé que nous connaissons est propriétaire du château de la Vallière de 1841 à sa mort en 1866.

La marquise du tableau est née à Paris le 24 janvier 1759. Elle épouse le marquis de Rougé en 1777 et décède en 1828. Leur fils Alexis Bonabes, qui est représenté enlaçant tendrement sa mère, naît en 1778 (il a donc 9 ans lorsque Vigée Le Brun réalise son portrait). Il épouse en 1804 Alexandrine de Crussol d'Uzès, qui devient donc marquise de Rougé. C'est sa mère, la duchesse d'Uzès, qui est propriétaire du château de la Vallière. Alexis Bonabes, le mari d'Alexandrine, décède en 1838, et en 1841 c'est au tour de sa mère la duchesse d'Uzès, qui lui lègue le château.
Ce ne sont donc pas des propriétaires de la Vallière qui sont ici représentés, mais ceux qui deviendront belle-mère et mari d'une future propriétaire du château. Si Alexandrine n'était pas encore propriétaire de la Vallière de leur vivant, il est très probable que ces deux personnages soient venus à Reugny rendre visite à la duchesse d'Uzès, mère d'Alexandrine. C'est le petit-fils d'Alexandrine et d'Alexis Bonabes, Jean de Rougé, qui hérite du château en 1866. Il le vend en 1872, devenant ainsi le dernier descendant de Laurent le Blanc, qui avait acheté le domaine en 1542, à habiter le château.

dimanche 23 août 2015

Les carreaux de Reugny

Une fabrique de carreaux existait à Reugny jusque dans les années 1950. Elle se trouvait près de la gare. Si vous avez plus d'informations ou si vous possédez vous aussi des carreaux de cette fabrique, n'hésitez pas à le signaler !
Carreau appartenant à Mme Freslier

jeudi 8 janvier 2015

Festival musical du 6 août 1939 à Neuillé-le-Lierre







Décoration du bourg pour l'événement, ici la pompe à essence qui se trouvait en face de l'école.
Les publicités dans le programme peuvent être mises en relation avec les photographies prises lors du festival : "Maréchalerie, Soudure, Autogène - Vente et réparations de machines agricoles de toutes marques - Moreau-Guillet - Neuillé-le-Lierre - Dépositaire de Butagaz"
Le départ pour le défilé a dû être donné dans la cour de l'école.
Les musiciens commencent à jouer devant la mairie.
Tout le monde attend le passage du défilé devant son commerce décoré pour l'occasion.
L'enseigne présente une botte, donc peut-être : "Chaussures en tous genres - Articles de luxe et de travail - Renault - Neuillé-le-Lierre - Réparations soignées".
"Sellerie, Bourrellerie, Harnais en tous genres - G. Durand - Neuillé-le-Lierre - Sommiers, matelas".
Peut-être : "Epicerie, Mercerie, Poterie - Vve Reverdy - Neuillé-le-Lierre - Tabac, journaux".






Peut-être : "Epicerie, Mercerie, Rouennerie, Tissus - Vve Saulas - Neuillé-le-Lierre - Vêtements de Travail".

Les fanfares arrivent une par une à la gare.


En 1939, quelques anciennes tourangelles portent encore le costume traditionnel.

Distribution de pim's en forme de fleur et des programmes.
"À 15h30 : Grand Concert Public gratuit, Place de la Gare"
Les fanfares de Neuillé-le-Lierre, Reugny, Noizay, Parçay-Meslay, Vernou-sur-Brenne et Vouvray jouent chacune deux morceaux.
"À l'issue de ce Concert, Remise de Décorations aux vieux Musiciens"




Si vous aussi vous possédez des archives qui peuvent être partagées, n'hésitez pas à m'en faire part !

mercredi 10 décembre 2014

Nouveau témoignage sur l'institut médico-pédagogique de Launay

L'Institut médico-pédagogique de Launay était situé à Reugny. Il a accueilli des jeunes de 1960 à 1973. En réponse à un témoignage publié cet été (voir l'article sur l'Institut médico-pédagogique de Launay) à propos des conditions de vie des jeunes qui y étaient internés ("j’en suis reparti très déstabilisé, désorienté, mal dans ma peau"), un autre ancien élève a tenu à témoigner.

Voici sa réponse : "moi aussi j'ai vécu dans ce château de launay en 1962 et je n'ai comme vous que de mauvais souvenir battu à la trique par des jeunes femmes qui s'occupaient de nous entre guillemet en 1965 ont c'est évader à quatre, le tant d'une promenade de cet enfer ont à était retrouver 3 jours plus tard par les gendarmes je ne me souviens plus les noms de mes camarades, et il mon même obliger a faire la communion solennelle, le 13 juin 1965 que je ne voulais pas la faire.je me suis même battu avec la directrice de l’époque et que je lui ai casse le doigt elle l'avais bien mériter vu que l'ont était battu et toujours puni pour un oui et pour un non, je m'appelle claude Beauchaud j'ai maintenant 62 ans et je n'ai toujours pas oublie trop marquer par cette époque".

L'histoire récente de Launay nous réserve encore bien des surprises...

dimanche 13 juillet 2014

Au sommet de l'église de Reugny

Plus vieil édifice de la commune, l'église de Reugny est loin d'avoir délivré tous ses secrets. En pénétrant dans ses parties cachées, c'est une partie oubliée de son histoire que l'on découvre.
On accède à la charpente de l'église par un escalier construit en 1850. Avant cette date, c'est une échelle qui en permettait l'accès.
Au cours de la montée, on découvre que la voûte d'ogive construite en 1889 n'a pas remplacé la voûte en berceau qui existait avant.
En fait, la nouvelle voûte a été construite sous l'ancienne, créant ainsi un deuxième niveau au-dessus de l'église. L'intérieur de l'église avant 1889 était donc plus haut qu'aujourd'hui.
Le lattis de la voûte était en très mauvais état, c'est ce qui a conduit à la création d'une nouvelle voûte.
Lors de la construction de la nouvelle voûte, les poinçons et entraits, qui font partie des pièces de charpente visibles de l'intérieur de l'église, ont été sciés.
C'est pourquoi on peut voir des pièces donnant dans le vide.
Le dessus de la voûte en berceau et de la voûte d'ogive, à travers le torchis. Les pièces de bois sont numérotées. 
La charpente de la nef.
Sous le clocher, on peut encore voir un mécanisme (XVIIIe siècle ?).
L'échelle et le plancher du clocher. Le sol est fait de planches de récupération.
La cloche date de 1863. Elle est fondue avec la cloche de 1715 qui été fêlée. Traditionnellement, elle porte le nom de Médard.
Une partie du bourg, vu d'une des ouvertures du clocher.
Seule la partie Sud-Ouest du bourg est visible, les autres côtés du clocher n'étant pas ouverts.
De l'intérieur, le vrillement du clocher n'est pas visible. En revanche, on ressent bien les tremblements lorsque sonne la cloche. Le vrillement pourrait donc facilement être d'origine naturelle.
Seul le dessus de la nef est accessible. Sans matériel, tout le reste de l'église ne peut pas être atteint. La photo ci-dessous montre une ouverture permettant d'accéder au dessus du choeur, partie reconstruite en 1889. De là, il est peut-être possible d'accéder au dessus des chapelles... 
Merci à Nicolas Toker et Axelle Théhin ! La suite peut-être un jour !