vendredi 28 février 2014

Le blason de Reugny

La seule mention connue de ce blason a été retranscrite par Louis Tricot dans son Essai sur les origines de Reugny en 1975, et date de 1506. Trois ans plus tôt, en 1503, Louis XII avait autorisé l'établissement de foires et marchés à Reugny. Les foires avaient lieu le 8 juin (jour de la saint Médard) et le 28 septembre, et les marchés le jeudi. Afin que ces marchés ne soient pas plus importants que ceux de sa ville de Tours une mesure spéciale est créée. Ainsi, "12 boisseaux de blé à la mesure de Reugny font 15 boisseaux à mesure de Roy". Pour éviter toute fraude, il est "ordonné que le dit boisseau à la mesure du Roy, qui est égale à celle de Tours, demeurera pour étalon et mesure à la dite chastellenie de Reugny pour y estre à l'avenir, en la dite mesure du Roy, vendu et achetté tous grains et, qu'à cette fin, qu'au dit étalon et boisseau seront marqués et contre-marqués tous autres boisseaux du marc et armes tant anciennes de la dite seigneurie de Reugny qui sont une tour et une fleur de lys à costé d'y celle, de celles de mon sieur de la Vallière qui sont un lion rampant, que les dit étalon et boisseaux seront mis et déposés au greffe de la dite chastellenie...". Cependant, ce document est assez curieux puisqu'il est question d'un seigneur de la Vallière ayant pour armoiries un lion rampant. Or, les de la Baume le Blanc, qui avaient pour armes un lion rampant, n'acquièrent la Vallière qu'en 1542 !
En 1506, il est donc question d'armes "anciennes". Mais dans quel sens ? Cette ancienneté peu facilement remonter à 1470, année d'achat du Vieux-Château par Louis XI, et 1477, réunion de Reugny au domaine royal. C'est ce qui expliquerait à la fois la tour et la fleur de lys.
Ce blason sera peu à peu effacé au profit de celui des seigneurs de la Vallière, qui rachètent Reugny en 1591 et font détruire le Château-Royal en 1596. Alors que les seigneurs de la Vallière prennent de plus en plus de puissance, leur blason va naturellement remplacer le blason de Reugny.
Il est possible que le blason que nous connaissons actuellement date des années 1960-70, et ait été reconstitué avec les éléments retrouvés par Louis Tricot.

samedi 22 février 2014

Et si j'écrivais un livre ?

Si écrire un livre n'est pas aussi simple que de poster un article sur un blog, il est certain que ça prend autant de temps. Ma volonté de mettre l'histoire de Reugny et de Neuillé au niveau de tous est bloquée par l'accès à internet. En effet, un certain nombre de personnes n'ont pas internet, et ne peuvent donc pas profiter de mes articles.
Ce blocage a été détourné pendant 3 ans par les Journées du Patrimoine, qui avaient rencontré un certain succès. Malheureusement je serai peut-être amené à continuer mes études à Paris (si je suis pris à l'Ecole du Louvre) et ne pourrai donc pas organiser les Journées du Patrimoine cette année. L'équipe du Centre Culturel et d'Animations de Reugny qui m'accompagnait ne comptant pas l'organiser sans moi, elles n'auront pas lieu en 2014.
Ayant acquis certaines connaissances au sujet de l'histoire de ces deux communes de par mes recherches, il m'avait été demandé plusieurs fois si je comptais écrire un livre. À cette question je répondais "pourquoi pas", mais sans creuser l'idée.
Aujourd'hui, il m'apparaît évident que ce livre ferait plaisir à un certain nombre de personnes, et que je possède les données nécessaires pour l'écrire et l'illustrer.
Si mes connaissances en matière d'histoire et d'histoire de l'art ne poseront pas de problème pour la rédaction du livre, celles en matière d'édition seront un certain frein.
J'en ai commencé la rédaction, il fait pour le moment une cinquantaine de pages, avec de nombreuses illustrations. Il couvrira toutes les périodes historiques, mais je ne me suis pas encore penché sur le XIXe et le XXe siècle (il s'arrêtera peut-être à la Seconde Guerre Mondiale avec l'histoire du Major Herrick).
Si vous possédez des documents ou des personnes pouvant m'aider dans cette tâche, je vous en serai très reconnaissant.
Et pour finir, voici en avant-première l'image que je pense utiliser en couverture. Vous aurez bien-sûr reconnu le château de la Côte, château de la Renaissance le mieux conservé de la vallée de la Brenne !

jeudi 20 février 2014

Reugny : La Place de la République au fil du XXe siècle

Photos des collections des Archives départementales d'Indre-et-Loire, de M. Durie, de Mme Freslier et d'Eric Caillé. La photo qui suit est la plus ancienne connue de la place, peut-être prise à la fin du XIXe siècle.
La famille Bigot-Poirier devant son épicerie.
Ici l'épicerie Bigot est devenue Café du Midi. Il y a du monde près de la roulotte du photographe ambulant. On aperçoit à gauche l'enseigne de l'hôtel du cheval blanc.
Carte postale colorisée de la "place d'Armes".
Carte postale sans doute prise en été, tous les volets sont fermés et tout le monde a un chapeau.
"Place du Marché" (pourtant, le marché avait lieu sur la place de l'église au début du XXe siècle).
Un store a été installé au Café du Midi. Nous sommes dans les années 1920 d'après le cachet de la poste.
Il n'y a pas de trottoir en face des deux maisons centrales.
Sur celle-ci il y a bien un trottoir. L'enduit de la maison de droite est moins blanc que sur la carte précédente. Une petite cheminée a été ajoutée au Café du Midi.
Des "poteaux" électriques commencent à faire leur apparition.
La boulangerie Baron se trouvait à la place de l'actuelle pharmacie (sur la photo précédente, deuxième boutique en partant de la droite).
La route semble goudronnée et l'électricité bien présente.
Les pavés des caniveaux sont remplacés par du béton. À droite la maison du carrefour est aujourd'hui entièrement couverte d'enduis.

dimanche 16 février 2014

Balade photographique à Reugny et Neuillé

Vendredi, l'eau avait baissé depuis la grosse inondation de jeudi matin.
Certaines routes étaient toujours coupées, mais ce n'était rien comparé à la veille (la rue Edmond Chédéhoux à Reugny était sous les eaux, mais je n'ai pas pu prendre de photo).
 Dimanche, le magnifique temps était une invitation à prendre des photos. Ici l'église de Neuillé le Lierre.
 La Maison Bellevue.
L'église de Neuillé.
 Reugny.
 Vieilles maisons de la rue des alènes.
 L'église de Reugny.

samedi 15 février 2014

Un viol en 1794

Affaire trouvée par Louis Tricot : "En 1794, le 24 germinal (13 avril), une certaine "Marie Fournier, fille majeure de 23 ans, demeurant à Cestres depuis 2 mois dans la maison de la veuve Michel Fournier sa tante" comparait devant la municipalité. À la saint Jean-Baptiste 1793, dit-elle, elle se plaça chez Gatien Aubert, meunier au moulin de Touvoie, à Rochecorbon. Celui-ci ne tarda pas à la "solliciter plusieurs fois d'avoir des habitudes avec lui". Elle résista. Mais dans les premiers jours de septembre, seule avec lui dans "un grenier de la principale chambre où elle était allée pour chercher des feuilles d'ormeau", Aubert s'empara d'elle et "parvint à la connaître charnellement malgré toutes les résistances". Enceinte de 8 mois elle fait cette déclaration "tant pour satisfaire à la loi que pour se mettre dans le cas de se pourvoir contre ledit Aubert pour lui procurer les secours qui lui sont dus". Mais elle ne put signer, ne sachant pas même écrire son nom."

jeudi 13 février 2014

Reugny : Sêtre

En 1528, Mathieu Henry est propriétaire du fief. La même année, on rencontre Médart Henry, Pierre Henry et François Henry comme possesseurs des terres autour de Sêtre. Sêtre s'appellera d'ailleurs "les Henries" jusqu'au XVIIIe siècle.
Achat de Cestres par Laurent le Blanc, seigneur de la Vallière, en 1566.
En 1610, Martine Morette habite "une maison à cheminée couverte de paille".
En 1611, la famille Henry possède encore des terres à Sêtre.
En 1672, Antoine Penilleau habite "un corps de logis sis au village de Cestres, paroisse de Ruigny, composé d'une chambre à cheminée un four dedans, une grange et une étable"
En 1693, Jean Dubois habite une maison composée d'une "chambre à cheminée, une antichambre, grange, estable, cour, jardin"
En 1697, Florentin Collesse, "homme de peine" (c'est-à-dire agriculteur d'une très petite ferme dont il n'est même pas propriétaire), habite dans "un corps de logis situé audit village composé d'une chambre basse à cheminée, grenier et comble dessus, couvert de thuille, deux estables et une grange couvertes de paille, le tout en un tenant, un petit jardin à fossé".
Comme il existe un certain nombre de maisons au village de Sêtre (c'est particulièrement visible sur le cadastre de 1819) et qu'elles ont toutes été très modifiées au cours des siècles, il est quasiment impossible de retrouver de quelles maisons il s'agit.
En 1736, le manoir de Sêtre n'existait plus. Il a certainement été détruit par un seigneur de la Vallière après son achat en 1566.
Vers 1750, la grange dîmière est reconstruite.
Sur la carte de Cassini, au XVIIIe siècle, on remarque que l'église ou la chapelle de Sêtre existait toujours.
Sources : Archives départementales d'Indre et Loire (65J50 - 65J97 - E613), Carte de Cassini.

mercredi 12 février 2014

Reugny : Sêtre

Le fief de Sêtre relevait de la seigneurie de Pocé. Dès le XIVe siècle, il s'y trouvait une demeure seigneuriale et une chapelle.
En 1377, Jehan Chezé rend hommage au seigneur de Pocé pour son "hébergement" de Sestres. Il y vit toujours en 1411.
En 1464, c'est Michaud Allard qui en est propriétaire.
Sources : Louis Tricot, Archives départementales d'Indre et Loire (E613).

dimanche 9 février 2014

Une élection controversée à Neuillé en 1881

Lors des élections municipales du 9 janvier 1881, vingt bulletins portaient le nom de Gasnier. Or, il existait plusieurs électeurs portant le nom de Gasnier dans la commune : Gasnier-Lonzay, Gasnier-Cormier, Gasnier-Bondon et Gasnier-Ladoineau. Ce dernier voulait que ces 20 bulletins soient comptés à son nom, il aurait alors obtenu le nombre de voix nécessaires pour être élu, mais le bureau électoral de Neuillé a refusé de lui compter les 20 bulletins. Le dernier conseiller élu était donc Bellamy.
Un arrêté du 9 février 1881 annulait l'élection du conseiller municipal Bellamy. En effet, c'est "à tort" que le bureau électoral de la commune a "refusé de compter 20 bulletins portant le nom de Gasnier au sieur Gasnier-Ladoireau". Il obtenait ainsi la majorité nécessaire pour être élu.
Bellamy obtiendra un recours au Conseil d'Etat le 4 novembre 1881, annulant ainsi le précédent arrêté...