mercredi 22 août 2012

Journées du Patrimoine les 15 et 16 septembre

Le programme des Journées du Patrimoine 2012 (15 et 16 septembre) est en ligne (http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/fr). Comme les années précédentes, le Château de la Vallière ouvre ses portes, ainsi que l'église d'Auzouer. Le Centre Culturel et d'animation de Reugny (dont je fais partie) renouvelle sa visite guidée sur le thème national de cette année qui est le "patrimoine caché", avec une visite des lieux souterrains du bourg et de l'ancien château de Boissé (rendez-vous le dimanche à 15h sur la place de l'église). Enfin, le Château de la Côte ouvre de nouveau sa cour, avec des visites guidées à 10h, 11h, 14h, 15h et 16h, à 2€ par personne (sauf -18 ans, handicapés et demandeurs d'emploi). Une seule chose à faire : Profiter de ces visites !

lundi 20 août 2012

Reugny : L'émeute de 1785

(D'après un texte de Louis Tricot) : Le 8 juin est traditionnellement jour de foire à Reugny. En cette année 1785, elle se tient comme à l'accoutumée, de l'autre côté de la Brenne, à la Croix du coteau. Bien qu'il soit déjà autour de sept heures du soir, nombre de chalands peuplent encore le champs et nombreux sont les clients attablés aux étals, sous la tente des débitants de vins. Ceux-ci sont de deux sortes : les cabaretiers professionnels et des gens d'autres corporations qui, en cette circonstance exceptionnelle, ont apporté quelques fûts après avoir obtenu préalablement l'autorisation de vente ; il n'est pas même exigé d'être habitant de la paroisse pour être admis à devenir "bistrot occasionnel".
Les commis en second : Antoine Croizet et Louis Renard, de la régie des aides d'Amboise, viennent opérer leurs vérifications. Ils s'occupent précisément de la vente du cabaretier Sorin, aux fins de recouvrer le droit correspondant ; ceci fait, ils passent à la tente de René Gallois, un boisselier de Vernou, qui a mené deux quartiers de vin. Il possède un "congé" régulier du bureau de Vernou du 7 juin. Au moyen d'une baguette à feu introduite par la bonde, l'un des commis constate le débit : les sept huitièmes, ce dont le débitant est d'accord ; la somme à payer se monte à 10 livres 12 sols et 1 denier. Le commerçant demande une quittance, que le commis rédige sur la champ et la tend à Gallois ; celui-ci la prend, mais l'autre ne la lâche pas, exigeant l'argent à l'instant. D'un coup sec, le dit Gallois arrache le feuillet et le met en morceaux. "Cet acte de violence nous met dans le cas de représenter au sieur en parlant à sa personne qu'il était d'ordre que le redevable compte la somme due au percepteur avant que celui-ci en remit la quittance, que sa conduite à ce principe donnait lieu de soupçonner de sa part un dessein de s'emparer de la quittance sans en payer le montant." Gallois, alors, avisant les buveurs, leur crie : "Voyez donc ces bougres de voleurs là ! Ils me prennent pour un coquin ! Ils mériteraient bien qu'on leur foute une volée !"
Les hommes, dont le beau-frère de Gallois et un fagoteur d'Autrèche se lèvent : "Il faut faire comme à Châteaurenault : foutre des coups à ces foutus gueux-là !"
Tous, le débitant compris, armés de gros bâtons et de leviers à usage de charrettes, foncent sur les commis, les frappent, les obligent à reculer et s'emparent de leurs chevaux.
Pour se défendre, et intimider leurs agresseurs, les deux agents du fisc tirent leurs sabres et leurs pistolets (seulement chargés à poudre). L'effet est néfaste. Une dizaine de déchaînés, dont Sorin le cabaretier et un tonnelier de Vernou, assaillent de toutes parts les deux commis. Les spectateurs, alentour, vocifèrent : "Tuez ces bougres là" et lancent des pierres.
Les représentants de la loi plient, abandonnant les droits recouvrés. Renard reçoit à l'estomac un coup de levier, Croizet est touché à la poitrine par un autre levier, reçoit deux coups de bâton sur le bras, son sabre est brisé, l'agent du fisc braque son pistolet en direction de son agresseur, un coup le frape au poignet et l'arme tombe.
Les commis désarmés fuient vers le bourg, mais ils sont rejoints au pont sur la Brenne par la meute hurlante. Quelqu'un saisit Croizet au collet, les bâtons se lèvent sur sa tête. C'en est fait, la mort est certaine.
À ce moment, le hasard amène en ce lieu Vaslin, le chirurgien de Reugny. Il se jette dans la mêlée, protège de son corps l'infortuné Croizet. Il pare les coups, en reçoit. Alors survient Renard, moins assailli qui, sabre au point, se frayant un passage, les dégage. Vaslin reste à parlementer avec les rebelles enfin contenus. Avant de faire retraite, les commis déclarent hautement qu'ils vont dresser procès-verbal pour troubles et voies de fait, "garants et responsables des pertes d'argent et des chevaux".
Durant la confection du procès-verbal au domicile du buraliste, sous huées et injures, le chirurgien Vaslin ramène les chevaux. Incontestablement, l'affaire est grave : elle montre la haine et la colère des "rebelles".
Le rapport des commis est étudié à Amboise le lendemain. Une supplique est adressée au régisseur des aides et droits à Paris ; les coupables sont accusés d'avoir "concerté ce complot odieux", ils méritent le "dernier" supplice. Il faut "punir exemplairement ces voleurs assassins qui ont cru comme étrangers et à la faveur d'une rébellion commettre impunément envers les employés de la régie des vols et des violences". S'ils n'ont pas écrasé Vaslin, c'est parce que les émeutiers ont préjugé "que des attentats contre un citoyen fixent bien plus le regard de la justice que lorsque ces mêmes attentats ne sont exercés que contre des commis". Il faut extirper ce préjugé "par un châtiment sévère". "La multitude toujours portée à combattre le fisc, secoue d'autant plus aisément le joug des aides que partout un faible nombre d'employés lui est opposé". Le peuple est dans la dangereuse opinion que les commis ne doivent point faire usage de leurs armes, en sorte que le simple bâton d'un rebellionnaire est pour lui une arme invincible.
Quatre années plus tard, le cahier de doléances de cette même paroisse portait ces phrases (entres autres) : "La nation est vexée sans cesse par les employés à la perception des droits d'aydes toujours occupés à supposer de la fraude dans les cas même où la bonne foi est dans la plus grande évidence."
"Combien... n'exige-t-on pas de formalités dont la plupart sont ignorées et qui n'ont été imaginées que pour mettre plus d'entraves et rendre les particuliers plus exposés à l'avidité des commis, qui n'acquièrent l'estime et la faveur de leurs commettants que par la multiplicité des persécutions et des injustices ?"
Et enfin : "Plus de la moitié de ces droits qui collectionnent puis forment un objet considérable est absorbée par les frais de perception."

Bulletin de la Société archéologique de Touraine :
- Louis Tricot, L'émeute de 1785 à Reugny, Tome XXXVIII, 1977.

mardi 14 août 2012

Neuillé : Villiers

Dans un contrat de vente de 1547, on lit "2 arpents de pré en une pièce, dans l'enclos et sous les fenêtres de la maison seigneuriale".
Le fief de Villiers est saisi en 1579 par Laurent le Blanc, à Nicolas de Maran.
1736 : "Fief de Villiers, la Maison Seigneurialle consistant dans une chambre, une estable, une ecurie, deux petis jardins et une petite cour, et un petit aunée joignant la rivière de Branne".
On ignore aujourd'hui où se trouvait ce château, et quand il a été détruit. Cependant, on peut affirmer sans risquer de se tromper qu'il se trouvait entre l'ancien château de la Roche et le château de la Vallière, et qu'il fut détruit à la Révolution.
Sources : archives d'Indre et Loire (65J45 - 65J50), Gérard Troupeau ("Neuillé le Lierre, Une paroisse de l'Ancien Régime"), déductions.

dimanche 12 août 2012

Neuillé : Le Moulin de Coudray

Le moulin dépendait du château de la Roche.
1736 : "Le moulin à drap du Coudray, consistant en maison, grange, ecurie, estables, cour, jardin, ouches, rouere tant au dessus qu'au dessous." (barré dans le document)
Vers 1790 : "Le moulin à fouller étoffes du Coudray est situé sur la rivière de Bransle, et consiste dans les oeuvres dudit moulin, ses filles, fillons et ustencils susceptibles d'incendie. 
La halle dudit moulin construite en pierres de tailles et moellons. Ensuite de ladite halle une chambre à cheminée avec four construite en moellons et pierres de tailles, couverte en thuilles. 
Au levant de ladite halle et chambre, une autre chambre à cheminée construite en colombages et torchis, grenier sur ladite chambre ainsi que sur la première, deux écuries ensuite de ladite chambre construite en moellons et pierres de tailles, greniers sur lesdites écuries, couvertes en thuilles. 
Au nord de la halle du moulin et de la première chambre décrite, une grange construite en moellons et pierres de tailles, avec deux touts à porcs au bout, couverts en thuilles."
Le moulin a été tellement restauré qu'on se demande si le seul bâtiment restant est un vestige du moulin, ou si il a été entièrement reconstruit...
Sources : archives d'Indre et Loire (65J7 -65J50), observations.

samedi 11 août 2012

Neuillé : Le Moulin du Petit-Villiers

En 1339, les moulins de Villiers appartenaient à Jacquelin de Maran et Isabeau, sa femme.
Sources : Bulletin de la société archéologique de Touraine (1901).

vendredi 10 août 2012

Neuillé : Divers

Au XVIIe siècle, Neuillé s'appelait Neuilly-Bourot, le fief étant possédé par les seigneurs du château voisin de Bourot.
Au XVIIIe siècle, Neuillé s'appelait Neuilly le Lierre.

mercredi 8 août 2012

Neuillé : Le Moulin de Sainte-Croix

Le moulin de Sainte-Croix existait au Moyen-Âge, comme le prouve la coquille Saint-Jacques, et était surement un gite pour les pèlerins.
On voit bien que de part et d'autre, les bâtiments se sont "adossés" à celui-ci.

mardi 7 août 2012

Reugny : La Mairie

La maison bourgeoise qui abrite la mairie date du XIXe siècle. 
La grange située dans sa cour servait également d'habitation pour ses domestiques, et date aussi du XIXe siècle. 
Elle est détruite en juillet 2012.
La maison bourgeoise est donnée à la commune, et la mairie s'y installe en 1965. De nombreux éléments du XIXe siècle subsistent : le carrelage d'entrée, 
un poêle en céramique, 
des fauteuils, 
l'escalier, 
de belles cheminées... Dans ses caves, on peut voir un canon sur lequel est gravé : "Reugny, 1885, RF, Victor Hugo". 
Ce n'est pas un hasard, car Victor Hugo est décédé en 1885. Les reugnois ont donc voulu rendre un dernier hommage à l'écrivain le plus populaire de cette époque. On peux lire dans une délibération du Conseil municipal de 1886 que "M. Gues Lingauls sera seul chargé de tirer, ou de faire tirer en sa présence, le canon de la Commune les jours de fêtes nationales et de fêtes publiques, après avoir, au préalable, obtenu la permission de M. le Maire et que nulle autre personne n'aura ce droit sans une autorisation spéciale."
On voit également une plaque pour les morts de 1914-1918 qui a été offerte par Victor Lefébure, le maire de Reugny de 1896 à 1923. Elle devait être autrefois située dans l'ancienne mairie.
Sources : Diverses, déductions, Archives départementales d'Indre et Loire (Registres de délibérations).