lundi 20 février 2012

La Brenne et les tanneries

Au XIXe siècle, la Brenne faisait mouvoir une trentaine de moulins (voir les différends articles sur les moulins de Reugny et Neuillé),
mais elle servait aussi pour les tanneries de Château-Renault qui laissaient partir avec elle tous leurs détritus nullement nettoyés.
La fièvre charbonneuse est signalée pour la première fois dans la vallée de la Brenne en 1892, par M. Derré, vétérinaire à Reugny. La mortalité fut particulièrement élevée en 1893 : 52 bovins succombèrent en quelques semaines.
En 1910, le conseil municipal de Neuillé le Lierre envoie une lettre au préfet : "Les soussignés ont l'honneur d'appeler votre attention sur l'état de corruption des eaux de la Brenne. Cette rivière, autrefois très poissonneuse, est complètement dépeuplée, et ses eaux sont tellement fétides qu'elles menacent de compromettre la santé des habitants par l'odeur infecte qu'elles dégagent ; les animaux même ne veulent pas pacager dans les prairies qui ont été inondées et cependant toute la population de Neuillé est obligée de laver le linge au lavoir communal justement alimenté par la Brenne devenue un véritable canal de pestilence. 
Si ses eaux sont noirâtres et charrient une sorte de vase gluante, infecte ; formée de résidus, de détritus et de déchets de toute sorte ; c'est parce que les tanneries et fabriques de colle de Châteaurenault, déversent directement ces matières dans la Brenne sans avoir été neutralisées et rendues inodores et limpides. 
Comme cet état de choses est une violation flagrante de la loi et des Arrêtés préfectoraux, tout en étant préjudiciable aux intérêts et à la santé des habitants, et qu'en maintes circonstances nous avons pétitionné dans ce sens, notamment par une délibération de 1905, sans avoir été même honorés d'une réponse, nous venons vous prier, Monsieur le Préfet d'intervenir sans retard pour éviter que les communes riveraines de la Brenne ne soient dévastées par une épidémie quelconque et que les intérêts agricoles soient sauvegardés".
Lors d'une délibération du Conseil Général le 22 août 1916, on lit "M. Lefébure appelle l'attention de l'Administration sur les inconvénients qui résultent du fait que les tanneries de Châteaurenault jettent dans la Brenne tous les détritus provenant de leur industrie. M. Joran fait observer qu'il serait difficile de faire autrement. M. le Préfet dit qu'il soumettra la question au Conseil d'hygiène."
En 1922, "A la suite de la délibération du Conseil général du 25 août 1921 relative à la pollution des eaux de la Brenne par les usiniers de Châteaurenault, une étude de cette pollution a aussitôt été effectuée et le résultat, adressé à M. le Prefet le 25 novembre suivant, permet de conclure avec certitude que la rivière est sérieusement polluée jusqu'à Neuillé le Lierre, soit sur un parcours de plus de 10 kilomètres".
En 1928, après une épizootie de fièvre charbonneuse, le service vétérinaire est chargé de faire un rapport. En voici les morceaux les plus importants : "les eaux de la Brenne à leur sortie de Châteaurenault renferment, à certaines époques au moins, le virus charbonneux, infectent les animaux qui s'y abreuvent et surtout contaminent les prairies qu'elles submergent lors des inondations [...] Il est en effet depuis longtemps connu que le charbon est l'une des plus redoutables maladies professionnelles des industries des cuirs, crins, laines, du fait que ces matières premières sont très largement souillées de germes charbonneux lorsqu'elles proviennent d'animaux ayant succombé à cette maladie. Les bains et les lavages effectués sur les peaux ou les laines, n'ont pour action que de détacher les germes qui entraînés avec les eaux usées vont contaminer les rivières dans lesquelles celles-ci se déversent.
[...] La constatation de plusieurs cas de charbon sur les ouvriers de l'une des tanneries de Châteaurenault, en même temps qu'elle fournit de nouvelles précisions sur l'origine de l'épizootie de 1928, démontre d'une manière irréfutable le rôle de ces usines dans la pollution des eaux de la Brenne. Du 4 juin au 1er octobre 1927, puis du 23 janvier au 13 avril 1928, l'usine dont il s'agit reçoit 11.651 cuirs secs provenant de Chine. Le 3 février un premier ouvrier est atteint de pustule maligne, et le 6, un second ; un troisième cas survient le 28 avril ; tous trois avaient manipulés les peaux en question. Nous rappelons que c'est également à partir de février que la maladie est apparue sur les bovidés de la vallée. Il apparaît donc hors de doute que se sont les cuirs chinois (arrivages de 1928 vraisemblablement) qui ont infecté directement les ouvriers et par l'intermédiaires des eaux le cheptel des communes situées en aval de Châteaurenault."
Voici les conclusions de ce rapport : "En attendant que soit connu un procédé efficace d'assainissement des cuirs qui mettrait à l'abri du charbon industriel et les ouvriers et les animaux, appliquer les mesures suivantes : 
Dans les tanneries : Traiter à part les peaux desséchées généralement suspectes ; n'évacuer ou n'utiliser tous liquides et déchets provenant des premières opérations de tannerie (reverdissage, débourrage, décharnage) qu'après stérilisation à 110° durant 10 minutes.
Dans les troupeaux exposés à l'infection : Durant plusieurs années au moins soumettre à la vaccination préventive tout le bétail appelé à fréquenter les herbages contaminés."
Au début de l'été 1934, plusieurs communes de la vallée de la Brenne situées en aval de Château-Renault, envoient la même lettre au préfet d'Indre et Loire et au ministre de l'Agriculture : "Le Conseil municipal de la commune de [...], considérant que la rivière "la Brenne" devient de plus en plus infecte, par suite des détritus qui y sont journellement déposés par les tanneries de Châteaurenault, de Villedômer et l'usine Rousselot ; 
Considérant que pendant les jours de chaleur, une odeur désagréable se répand dans toute la vallée de la Brenne, notamment le matin et le soir, incommodant les habitants et y rendant le séjour désagréable aux étrangers. 
Considérant que les eaux de ce cours d'eau contiennent des quantités de germes pathogènes pouvant engendrer de graves maladies telles que le charbon, le tétanos, et la tuberculose ; 
Considérant que le foin récolté dans cette vallée est de mauvaise qualité, dangereux pour les animaux (nombreux cas de charbon et de tuberculose) ; 
Considérant que ce foin n'est plus acheté pour l'emballage en raison des microbes qu'il contient (sa manipulation présentant un réel danger pour les ouvriers) ; 
Considérant que la Brenne, très poissonneuse il y a quelques quinze ans ne renferme que peu de poissons ; 
Considérant que le poisson mis à l'eau pour le réapprovisionnement de cette rivière, ne résiste pas à la nocivité des eaux ; 
 Prie Monsieur le Préfet de bien vouloir intervenir auprès des industriels de Châteaurenault et de Villedômer et leur rappeler 
1- Que Monsieur le Professeur Meunier, dans un rapport très documenté, dénonce le danger auxquel sont exposés les riverains de la Brenne du fait de la pollution de ses eaux. 
2- Qu'aucun industriel n'a le droit de polluer les eaux d'un cours d'eau, quel qu'il soit (art. 640 du code civil et titre II du code rural). Monsieur le Préfet a pris lui même un arrêté dans ce sens, le 16 février 1927.
3- Qu'avec un peu de bonne volonté, il serait facile d'épurer les eaux usées sortant des usines en question.
En outre, le Conseil municipal de [...], informe Monsieur le Préfet que les riverains de la Brenne sont unanimement décidés et, par tous les moyens, à faire cesser cet état de choses. Il est regrettable que pour sauvegarder les intérêts de quelques industriels, une collectivité soit constamment sous la menace de maladies épidémiques très graves.
Un exemplaire de la présente délibération a été adressé à Monsieur le Ministre de l'agriculture." 
Le Conseil départemental d'Hygiène charge le 13 juillet 1934 une commission de procéder à une enquête et de fournir un rapport à l'Administration préfectorale. En voici les morceaux les plus intéressants : "La commission a tout d'abord reconnu que la pollution de la rivière, par rapport aux années précédentes, s'était sérieusement atténuée en raison : 
A) de l'arrêt de 2 tanneries (ARRAULT et HERVÉ) et d'un ralentissement de l'activité générale pouvant se chiffrer par 50% ;
B) d'un retour aux procédés de tannage anciens, aux écorces, écartant l'emploi de produits chimiques qui avaient été utilisés pour le tannage rapide depuis la guerre [la première]. Elle a en outre constaté que les bourres produites par les 9 tanneries restantes (2 tonnes par jour environ) étaient retenues par certains procédés : tamis, décantation, etc..." Seules deux tanneries "neutralisent" leurs eaux usées, "Toutes les autres tanneries rejettent directement dans la Brenne, leurs liquides résiduaires nullement décantés. Chaque jour, il est ainsi déversé environ :
150 K. de matières solides colloïdales ou putrescibles,
5 litres d'acide formique,
5 m5 [???]  d'extraits tanniques et notamment de québracho et de petites quantités d'acide lactique, butyrique, sulfure de sodium et du bisulfite de soude. [...]
La commission a reconnu également qu'aucun cas de charbon professionnel ne s'était produit  dans les tanneries de Chateaurenault depuis avril 1928, moment à partit duquel il n'a plus été traité de peaux brutes de provenance chinoise.", "La Commission a reconnu que le problème de l'épuration des eaux des tanneries de Chateaurenault, est fort malaisé en raison du grand nombre d'usines et de la situation économique actuelle. Cette épuration serait d'ailleurs de grande utilité pour les industries elles-mêmes, lesquelles souffrent souvent d'un manque d'eau et ont dû, de cefait, faire creuser des puits profonds (174m.) pour pouvoir assurer les opérations de tannage (ESNAULT, ROUSSELOT, TENESSON, etc...) les eaux de la rivière étant inutilisables.",
"L'action individuelle implique le jeu des pénalités prévues : [...] En supposant que ces pénalités puissent être appliquées en même temps aux 11 usines, ce qui n'est pas aussi commode qu'on pourrait le croire, et demandera de longs mois, elles conduiraient "in fine" à la procédure prévue à l'article 35 de la loi précitée, c'est-à-dire à la fermeture de usines. On réduirait ainsi au chômage plus de 600 ouvriers en supprimant un chiffre d'affaires de plus de 20 millions : ce serait la ruine de la région, ce que ne souhaite certainement pas le monde agricole. [...] 
Sans doute, il ne faudrait pas prendre au tragique cette menace, pesante tout de même pour l'autorité administrative, mais il conviendrait de ne pas exagérer outre mesure les inconvénients de la pollution en question. Il semble que se soit surtout la teinte brune de la rivière qui émotionne le plus les populations. Cette teinte est occasionnée par les jus tanniques et les extraits de quebracho dont le pouvoir tinctorial est puissant (aspidosperma-quebracho). On peut indiquer que ce produit est utilisé pour la fabrication d'un quinquina fébrifuge (aspidospermine) et qu'il ne présente aucun danger, de même d'ailleurs que les jus tanniques ainsi, lors de l'inspection, l'un des industriels a absorbé, devant les membres de la Commission, du liquide provenant des fosses des tanneries." (Qu'est-il devenu ?),
"Avant leur entrée dans les tanneries de Chateaurenault les eaux du Gault et de la Brenne sont limpides, claires, normales. Aussitôt après la traversée des premières usines, elles deviennent troubles et prennent une teinte rouge marron de plus en plus accusée pour devenir brun chocolat à la sortie de la Ville. 
À ce moment, très fortement teintées, troubles, écumeuses au moindre brassage, les eaux de la Brenne sont, de toute évidence, répugnantes et impropres à la consommation des animaux. 
Peu à peu cependant elles s'éclaircissent, perdent progressivement leur coloration et finissent par devenir vers Vernou à peu près normales. 
La Commission a pu constater qu'à Villedômer à la tannerie de la Blanchère les eaux étaient encore très fortement teintées et troubles [...]. Ce n'est que quelques kilomètres plus loin, vers Neuillé-le-Lierre, qu'elles paraissent à nouveau convenir à l'abreuvement. À Reugny, la teinte est très atténuée et semble sans inconvénients.",
"M. le Docteur CHEVÉ qui a fait pratiquer par le Laboratoire agricole de Tours l'analyse des eaux prélevées, présente de son côté les observations suivantes : "Au point de vue de l'hygiène, les eaux de la Brenne sont indiscutablement polluées et dangereuses. D'ailleurs cette rivière n'est utilisée par aucune des communes traversées, comme eau de boisson."
La Brenne est abordée au Conseil général lors de la session ordinaire du 19 octobre 1934 : "La pollution des eaux de la Brenne n'est pas une question nouvelle, je la rappelle à toutes les sessions et jusqu'ici sans succès. Les prairies de la vallée de la Brenne ont vu du fait de cette pollution de nombreux cas de charbon naître parmi le bétail dans les pâturages. Le prix du fermage en a diminué et les centres d'élevage s'y sont raréfiés. La Brenne, Messieurs, c'est de dépotoir de toutes les usines et tanneries de Châteaurenault, nos populations en souffrent de toutes manières. Une enquête sérieuse a été faite par M. le professeur Meunier délégué par le Gouvernement sur l'intervention du Conseil général. Des mesures ont été prescrites, mais jamais exécutées. Tout dernièrement, M. le Préfet m'a fait connaître que la question avait été examinée par le Conseil départemental d'hygiène, qu'une commission avait été chargée de procéder à une enquête et que M. le Ministre de l'Agriculture avait été saisi de la question. Je remercie M. le Préfet de l'intérêt qu'il prend à la question, mais j'estime qu'il faut en finir. C'est pourquoi j'ai l'honneur de déposer devant le Conseil général le voeu : En raison de l'importance que présente la question de la pollution de eaux de la Brenne par les usines, le Conseil général émet le voeu que les lois et les règlements en la matière soient rigoureusement appliqués."
Lors de la séance du Conseil Général du 5 mai 1937, il est dit que "depuis bientôt 50 années les populations en aval de Châteaurenault ont à se plaindre de l'insalubrité des eaux de la Brenne, qui est dans cette partie le dépotoir de toutes les matières usées des usines. La question a été examinée, il y a quelques années, par M. le Professeur Meunier de l'école de Tannerie de Lyon qui avait indiqué les travaux nécessaires à faire exécuter, mais les intéressés opposent la force d'inertie à toutes demandes. La commission d'hygiène a été saisie de la question, elle en a reconnu tout le bien fondé, rien n'a été fait jusqu'ici. 
Les populations riveraines de la Brenne ont vu leurs troupeaux décimés par le charbon du fait de la contamination des prairies. Des ouvriers d'usine, des habitants des communes sont décédés du charbon, d'autres sont à la merci du même sort, rien, toujours rien n'a prévalu jusqu'à ce jour concernant l'interdiction de déverser des eaux souillées et usées dans les rivières n'a jamais été appliqué..."
Rapport de 1939 pour le Conseil Général : Fièvre charbonneuse : "Aucun cas n'a été signalé en 1938. Cela ne veut pas dire que la vallée de la Brenne, située en aval de Châteaurenault et de ses tannerie ne soit plus infectée. Mais seulement que les agriculteurs, instruits par l'expérience, ne négligent pas de faire soumettre leur bétail à la vaccination préventive."
Charbon symptomatique : "Janvier 1938. Reugny. Une exploitation. Un malade. Un mort. Cinq vaccinés. En vingt années, c'est le deuxième cas observé. Son origine n'a pu être précisée."
 La guerre de 1914-1918 suscitant de gros besoins en équipement militaire soutient l'activité de la tannerie, mais la situation se détériore par la suite, le cuir étant de plus en plus concurrencé par des matières nouvelles comme le caoutchouc puis les matières plastiques. L'évolution des marchés et des modes de fabrication, la disparition presque totale des besoins en courroies et en cuir à bourrellerie entraîne une récession importante de cette activité,
renforcée encore par le mode traditionnel de fabrication du cuir qui nécessite une trop longue immobilisation de capitaux.
8 tanneries ferment entre 1927 et 1960 dont l'importante et très ancienne entreprise Enault qui licencie de ce fait, en 1954, 240 personnes. Il ne reste plus en 1984 qu'une seule tannerie, celle de la maison Hervé fondée en 1900 au moulin de Launay et qui, malgré la diversification de sa production dans le cuir de couleur et la maroquinerie, devra cesser son activité en 1985.
C'est donc à partir du moment où l'activité des tanneries a diminué, que le Conseil général a commencé à s'inquiéter de la pollution de la Brenne. Dans les années 1960, la Brenne était par conséquent à peu près propre,
mais la fin des tanneries ne signifie pas la fin des pollutions, et l'usine Protex-Synthron de Villedômer a elle aussi, plus récemment, contribué à plusieurs pollutions de la Brenne : cliquez ici pour voir l'article sur l'explosion de l'usine Protex à Villedômer.
Sources : diverses, délibération du Conseil Général (1922 - 1939), archives d'Indre et Loire (5M195 - Tanneries Renaudines), Delcampe.

mardi 14 février 2012

Reugny : Le Château Royal

En 1518, François Ier donne le château à son médecin, François d'Alais.
Une des maison de la rue Voltaire conserverait un tableau représentant François d'Allais (il y était encore en 1980).
Une légende locale raconte que François Ier fut invité par François d'Alais dans son château, et que pour le remercier de son accueil il lui aurait donné un beau billet. C'est fort probable, car en 1518, François d'Alais reçoit du roi 2000 écu soleil, somme qu'il lui prêtera quelques années plus tard...
En 1545, François Ier ramène Reugny dans le domaine royal, et le donne à Jean-François d'Acquaviva d'Aragon, marquis de Bitonto, puis duc d'Atry, gentilhomme de la chambre.
En 1587, le domaine est acquis par Jean Morin de Pardillon, gentilhomme de la chambre du roi Henri III.
En 1591, Jean V de la Baume le Blanc achète le "chastel" de Reugny.
En 1596, Jean V de la Baume le Blanc fait détruire le château.
En 1742, il consistait en "un château en ruine qui a été démoli depuis et dont il ne reste plus que quelques vestiges".
En 1794 : "Ancien château consistant actuellement en une vieille masure batie en murs de moellons et pierres de taille sans autres matériaux de manière qu'il ne reste que 3 pans de murs à 5 étages en hauteur, avec l'emplacement d'une autre portion de bâtiment aussi démoli, le tout formant environ 15 chaînées". Tout près, on trouvait la grange aux dîmes et le four banal (voir ici). "Le reste de cet ancien château représente encore des traces de l'ancien despotisme, nous estimons qu'il doit être entièrement rasé."
Il existait au château de la Vallière une peinture où l'on voyait le château royal. Détruite en 1926, cette peinture avait été photographiée par la société archéologique de Touraine. J'ai contacté la SAT, et après quelques mois de recherches ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas retrouvé cette photographie. Cela peut s'expliquer par le fait que les archives de la SAT se trouvaient à Tours dans le bâtiment face à la Loire qui fut détruit lors des bombardements allemands de 1940, et l'immense incendie qui en découla.
Sources : société archéologique de Touraine, Louis Tricot, Archives départementales d'Indre et Loire (E dépôt 194 M15 - 65J1), G. Braux ("Louise de la Vallière; de sa touraine natale au carmel de Paris").

samedi 11 février 2012

Reugny : Divers

En 1907, une demande est adressée au Conseil Général par "M. Cantet, garde champêtre à Reugny, [qui] sollicite une demi-bourse d'internat à l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort pour son fils Félix, élève de 2e année à cette Ecole. Le jeune Cantet est très bien noté. Vous apprécierez, dans ces conditions, s'il y a lieu de le faire bénéficier d'une partie des disponibilités résultant du départ de MM. Jules et Valades (500 fr.), auxquelles viendra s'ajouter une somme de 250 francs provenant de ce que le jeune Dioclès, à qui vous aviez attribué une subvention d'égale somme, renonce à toute candidature pour les Ecoles vétérinaires."
"Le lundi 25 décembre 1916 à 2h du soir, en la salle de Réunions, a eu lieu la première réunion dite Assemblée Générale constitutive de la Distillerie Coopérative de Reugny, coopération de propriétaires, fermiers récoltants ou non. [...] Monsieur Lefèvre exposa le but de la réunion et fit ressortir les avantages que les viticulteurs pourraient retirer en constituant une Distillerie coopérative à Reugny. Après cet exposé il fut décidé par toute l'Assemblée de former la Société. Il fut donné lecture article par article des statuts qui régieront la dite coopération et, il fut ensuite procédé à l'inscription des membres. 108 signatures ont de suite été apposées approuvant les présents statuts."
Un alambic à Joué les Tours
En 1923, "Sur la proposition de M. le Préfet, la Commission accorde à la commune de Reugny, sur les fonds d'amendes de police, un secours de 17.000 francs pour les travaux de réparation des bâtiments communaux, qui ont été endommagés par la grêle."
Le village est électrifié en 1929.
Pour voir une vidéo de Reugny filmée en 1949, cliquez ici : Memoire.ciclic.fr/970-reugny-magazine#miniature
Sources : Archives d'Indre et Loire (8M42), Memoire.ciclic.fr, Delcampe, Rapports et délibérations du Conseil Général d'Indre et Loire (1907 - 1923).

Reugny : Rue Georges Courteline

En 1819, la rue Courteline s'arrêtait avant la place du 8 mai.
Maisons du milieu du XIXe siècle :
La grange à droite a été détruite dans les années 1950 afin de créer un parking.
En 1894 : "Acquisition de matériel de pompe et construction d'un bâtiment communal comprenant :
remise pour la pompe à incendie et ses accessoires,
chambre de sûreté et asile pour les indigents de passage,
salle pour les réunions publiques"
"Matériel à acquerir pour meubler le poste (prison) et la salle publique y attenant : un lit de camp, bois blanc, avec montants et traverses en chêne. un matelas en vasechu. deux couvertures, laine veste. un seau en tôle galvanisée, avec couvercle. une balayette. une cruche en tôle émaillée. deux balais de jonc. un plumeau. deux chandeliers. une table bois blanc. deux bancs mobiles, bois blanc avec pieds et traverses en chêne. un calorifère phénix.
Accessoires du poële, savoir : 8m50 de tuyaux en tôle noire. collerette et fil de fer. un champignon. un seau pour le coke et un seau pour les cendres. une pelle à main et un crochet. une serrure de sûreté."
"M. le Président expose que le poste en chambre de sûreté, qui sert d'asile la nuit aux indigents de passage dans la commune, est dépourvu du strict nécessaire ; il invite, en conséquence, le Conseil, à combler cette lacune"
Grâce aux cartes postales anciennes, on peut voir l'évolution des bâtiments au fil du 20e siècle. Sur une carte postale de 1904, on remarque que l'ancien bar-restaurant et l'actuelle salle des loisirs sont assez différends d'aujourd'hui.
Sur une carte postale de 1906, on aperçoit des échafaudages sur le bar, qui vient d'être surélevé d'un étage.
Sur une carte postale de 1908 on voit que la porte du foyer Lefébure est plus large, celà s'explique par le fait que, comme nous l'avons vu plus haut dans l'article, c'était le local de la pompe à incendie.
Sur une carte postale de 1911, on remarque une porte et un escalier tourné vers la droite sur le pignon de la salle des loisirs.
Sur une photographie des années 1920, on distingue deux plaques publicitaires "Byrrh vin tonique & apéritif", et on remarque que le bâtiment a été légèrement prolongé.
Sur une carte postale des années 1930, on voit bien ce prolongement, et on peut voir que la salle des loisirs a été également prolongée d'un bâtiment, qui abrita un bassin d'agrément, comme nous le verrons plus bas. L'escalier est désormais tournée vers la gauche.
On remarque sur une photographie prise en 1938 lors d'un festival de musique, plusieurs affiches publicitaires : "Vêtements, Grand Bon Marché, Tours Angers Orléans", "Byrrh, recommandé aux familles" et "Comme lui faites votre plein de Vouvray et remportez un bon Souvenir à la maison" !!
Le maréchal ferrant, à droite de la salle des loisirs (famille Cormier) :
Sur une carte postale de 1945, la toiture du bar a été remplacée par de la tôle,
et sur une photographie des années 1950 on voit que la porte de la grange a été modifiée pour sa transformation en salle de restaurant.
Lors des travaux de réfection du sol de la Salle des Loisirs en juillet 2011,
 un bassin a été mis à jour après l'enlèvement du plancher.
D'après un témoignage il y avait un bassin d'agrément à cet endroit avant la guerre. Il était haut d'environ un mètre, et possédait en son centre un banc en béton. Il doit dater des années 1930, comme nous l'avons vu plus haut.
La Salle des Fêtes est aménagée en 1961.
Le bassin d'agrément qui s'y trouvait est juste recouvert par du parquet.
Sources : diverses, BIM de septembre 2011, archives d'Indre et Loire (E dépôt 194 M1 - E dépôt 194 M3), observation, déductions.